LE FONIO : une céréale ancienne et agroécologique à
haute valeur ajoutée
Le fonio (Digitariaexilis) est la
plus ancienne céréale cultivée en Afrique de l’Ouest. Dans plusieurs pays, il
fait partie de nombreuses préparations culinaires: couscous, bouillie, soupe,
boulettes, beignets, pain, etc.
Au Nord du Bénin comme au Sud du Sénégal, le fonio a été pendant
longtemps une culture vivrière très importante. Sa production a progressivement
décliné, notamment en raison de la pénibilité de sa production et de sa
transformation. Toutefois, l’importance culturelle du fonio lui a permis de
perdurer.
UN MOYEN DE VALORISER LES
SOLS PAUVRES
Le
fonio est une culture particulièrement adaptée aux sols pauvres, dégradés et
pierreux du Nord Bénin, mais aussi aux pluviométries variables. Il a le grand
avantage de ne pas nécessiter d'intrants. Ses sous produits peuvent être
valorisés : la paille peut être laissée au champ pour enrichir le sol, ou
utilisée dans les matelas, ou encore comme liant dans les briques de terre tandis
que le son est valorisé comme aliment pour le bétail. Le fonio est une culture
importante dans le cycle de sécurité alimentaire à Boukoumbé. En effet, le
fonio et l'igname sont les cultures qui mettent fin à la période de soudure.
Le fonio peut déjà être récolté en
septembre-octobre et l’igname au mois d’août.
DES ATOUTS NUTRITIONNELS
IMPORTANTS
La valeur nutritionnelle du fonio est excellente. Comparé aux
autres céréales, il contient plus de glucides (84 %), moins de lipides (4 %) et
moins de protéines (10 %), ce qui en fait un aliment idéal pour les
diabétiques. Plus riche que les autres céréales en calcium, magnésium, zinc et
manganèse, il contient également deux fois plus d’acides aminés et notamment
une grande quantité de méthionine et de cystine. Ces derniers ne sont pas
synthétisés par notre organisme mais sont pourtant indispensables à la
croissance et à l’équilibre de l’organisme humain.
C’est aussi un aliment
facile à digérer et sans gluten. Le fonio est donc une culture avec un
potentiel important pour renforcer la souveraineté alimentaire dans les zones
d’intervention et plus particulièrement celles touchées par l’insécurité
alimentaire.
LE PROJET FODIBO (FONIO
DIALACOTO BOUKOUMBE)
Les conditions de vie dans la commune de Dialacoto (Sénégal) et
de Boukombé (Bénin) sont rendues difficiles par plusieurs facteurs : le manque
d’infrastructures, l’absence d’eau courante et d’électricité, les contraintes
agricoles (dégradation des sols et difficulté d’accès aux intrants et aux
équipements) et les ruptures périodiques d’approvisionnement alimentaire. ADG
soutient des organisations locales qui encouragent la relance de la production
et de la transformation du fonio à travers le projet FoDiBo, première
intervention d’ADG au Bénin. Le projet vise à renforcer la souveraineté
alimentaire dans les communes de Boukombé (au Bénin) et de Dialacoto (Sénégal)
grâce au développement de la filière fonio comme source de revenus et
d’aliments adaptés aux habitudes culturelles des familles paysannes.
ADG
s’appuie sur l’expertise de deux partenaires locaux pour la mise en
œuvre du projet. Au Bénin, A2PF(Association des Professionnels et Promoteurs du
Fonio) est le principal acteur de la promotion du fonio et particulièrement
dans le département de l’Atakora, qui est le berceau de cette culture. Leur
objectif : développer une filière fonio dynamique assurant des revenus
décents et une alimentation nutritive pour les familles de la région. Pour ce
faire, il est nécessaire de fédérer les différents acteurs de la filière
(producteurs, transformateurs, commerçants, structures d’appui).
Au Sénégal,
l’Organisation pour la Promotion du Développement Autonome de Dialacoto (OPDAD)
s'active depuis sa création pour le renforcement des capacités et
l'autonomisation des populations de Dialacoto.
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| Producteurs de fonio à Dialacoto |

